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Sophrologue spécialisée : acouphènes, hyperacousie, vertiges, anxiété, stress, sommeil

Dans cet entretien exclusif, Virginie Cotreau, sophrologue spécialisée à Talence, revient sur son approche clinique dans l'accompagnement de patients souffrant de troubles sensoriels chroniques.

Elle nous expose les fondements neurophysiologiques de sa pratique et les spécificités de son cadre thérapeutique.

Sophrologue spécialisée : acouphènes, hyperacousie, vertiges, anxiété, stress, sommeil

Quand le silence devient un combat

Dans le silence supposé d'une pièce close, certains entendent un sifflement lancinant, une pulsation vibrante ou un souffle aigu. Non pas un son venu de l'extérieur, mais un signal venu de l'intérieur. Ce que la médecine nomme "acouphène" est rarement une simple anomalie auditive. C'est une expérience sensorielle et émotionnelle qui engage tout le système nerveux central. De la même manière, l'hyperacousie, les vertiges dits fonctionnels ou les insomnies chroniques ne sont pas des troubles isolés. Ce sont des signaux du corps qui ne parvient plus à faire le tri entre l'alerte et la normalité.

Une médecine de la perception : quand la physiologie rencontre la conscience

Les dernières découvertes en neurosciences confirment que la façon dont un individu vit un symptôme sensoriel dépend davantage de son traitement central que de son origine périphérique. Un acouphène objectivement modéré peut être vécu comme insupportable. Cela s'explique par l'activation du système limbique (cerveau émotionnel) et du cortex préfrontal qui entretiennent une boucle de vigilance. Les sons deviennent menaçants. Le système nerveux autonome passe en mode d’alerte permanent.

Mon travail de sophrologue s'inscrit ici : dans l'espace où la perception devient rééducable. Où l'on apprend non pas à faire taire un bruit, mais à en transformer l'inscription corporelle.

Corps sonore, corps protecteur : vers une médecine somato-sensorielle

Les personnes que j'accompagne ne viennent pas chercher du calme. Elles viennent chercher un espace d'exploration, de reconstruction, de souveraineté sensorielle. Le protocole que je propose se déploie en trois mouvements :

  1. Stabiliser le système nerveux : respiration vagale, détente posturale, ralentissement rythmique. Cela permet de réduire l'hyperactivation corticale et de ramener le système dans une fenêtre de tolérance physiologique.
  2. Désensibiliser la perception : reconditionnement auditif et proprioceptif par la visualisation, l'exposition sécurisée, et la modulation attentionnelle. Le but n’est pas d’ignorer le son, mais de le recoder.
  3. Renforcer la plasticité adaptative : ancrages positifs, projection de soi en contexte, activation de schémas corporels rassurants.

Mon expérience de terrain : ce que racontent les corps

Je me souviens de Lucie, 29 ans, violoniste, en détresse depuis l'apparition brutale d'une hyperacousie. Chaque son était devenu une agression. Nous avons travaillé pendant trois mois, avec des micros-expositions sonores en auto-hypnose et un renforcement progressif du schéma corporel de protection. Elle a pu reprendre la musique. Non pas en effaçant le symptôme, mais en redessinant ses limites.

Ou encore Benoît, 46 ans, cadre en reconversion, accablé par des acouphènes pulsatoires. Le véritable traitement a été de restaurer un espace de contrôle corporel : marche lente, respiration guidée, réancrage sensoriel. Il dort mieux. Il ne cherche plus à faire taire, il a appris à contenir.

En guise de repère : 3 clés de compréhension scientifiques

  • Nerf vague et relaxation parasympathique : les exercices respiratoires activent la branche ventrale du nerf vague, avec des effets régulateurs sur le rythme cardiaque, la digestion, la stabilité émotionnelle.
  • Plasticité auditive : la répétition de visualisations auditives sécurisantes diminue la charge limbique associée à l'acouphène (travaux de Jastreboff, Pawel et Tyler, 2014).
  • Fenêtre de tolérance (Siegel) : les séances visent à ramener le système nerveux dans une zone où l’activation est modulable, non extrême.

Une pratique de la reconquête perceptive

Accompagner un patient souffrant d’acouphènes, d'hyperacousie ou de vertiges, c’est lui proposer de redevenir acteur de sa régulation sensorielle. C’est une médecine du lien : entre le corps et le son, entre l’attention et le repos, entre l’intériorité et le monde. Ma posture de sophrologue est celle d’un guide sensoriel, jamais d’un correcteur. Ce que je propose, ce sont des conditions sécurisées d’exploration, une clinique du geste lent et du signal entendu autrement.

Virginie Cotreau – Sophrologue spécialisée en perception et régulation neuro-sensorielle – Talence